Temps gris, moral en berne, grand bleu, envie de ne pas avoir à
se faire demander poliment de changer de table pour une plus petite réservée aux poupons… Nous sommes tous convaincus que, finalement, le beau temps et une bonne bouffée d’air nous font du bien
et que la pluie et son cortège de supplications nous dépriment. Mais nos intempéries intérieures sont-elles liées au climat ? Vaste enquête menée par Marie Olivier (Psychologies, n° 251) et que
je dévoile sur la toile cirée pour les clients autour du tout petit pot de Vichy où je lis, parfois, l‘excellente biographie consacrée à Pol Pot. A noter quelques chiffres clés : 17 millions de
téléspectateurs en moyenne regardent la météo chaque soir après le journal télévisé, 72 % de français font confiance aux prévisions météo pour le lendemain et 339 millions de pages du site de
Météo France ont été consultées en 2004. Et le magazine de nous poser la question : « Qui ne s’est jamais senti revivre dans l’air doux et lumineux d’une matinée de
mai » ? Oui, c’est une bonne idée, et je me pose moi, aussi cette question d’intérêt général : qui ne s’est jamais senti revivre autour du tout petit pot de Vichy quand il restait des heures
et des heures durant, assis à une table de quatre à surfer sur le net grâce au Wi-Fi mis gracieusement à la disposition de l’aimable clientèle et de grâce, encore, à l’électricité généreusement
fournie par la direction du bar autour du tout petit pot de Vichy, au prix d’un café avec une petite goutte de lait comme cela est généreusement précisé sur la carte, en papier glacé, réservée à
l’aimable clientèle qui pose ses fesses sur la banquette moelleuse de la table à quatre places ? Des chercheurs américains ont essayé d’apporter une explication scientifique à cette idée (posée
dans la première question) si communément admise selon laquelle le beau temps aurait une influence positive sur notre moral. Pendant quelques temps, il ont demandé à des volontaires de noter leur
humeur plusieurs fois par jour, puis ils ont tenté de voir s’il existait un lien entre l’humeur déclarée par Mr tout le monde et les relevés méteo du jour. Il semblerait que cela n’aurait pas été
très concluant. Dans son ouvrage Mood and Temperament (Guiffort Presse, 2000), David Watson, professeur de psychologie à l’université de l’Iowa et grand spécialiste américain de
l’humeur, recense ainsi une vingtaine d’études sur ce sujet depuis les années 1980, reconnaît Christophe André, le psychiatre de service, à l’heure de la pause café non pas autour du tout petit
pot de Vichy mais ailleurs, dieu seul le sait. André en emporte le vent ajoute que « plus il fait beau, plus les gens sortent et rencontrent d’autres personnes », et l’on sait,
rajoute-t-il que « les interactions sociales sont bonnes pour le moral ». Comme le dit la chanson, « C’est bon pour le moral, c’est bonbon… », Olé, j’invite tous les
consommateurs autour du tout petit pot de Vichy, non pas à boire un pot à ma santé, mais à taper (religieusement) dans leurs mains (dans le respect des autres clients) et à chanter tous ensemble,
oui, tous ensemble « C’est bon pour le moral, c’est bonbon… », « C’est bon pour le moral, c’est bonbon… », « C’est bon pour le moral, c’est bonbon… ». Si vous êtes
chez vous, pour le goûter, la table de la salle à manger (si vous en possédez une !) devra être transformée en buffet garni de fleurs blanches, de sandwiches et de gâteaux et si vous voyagez en
wagon-restaurant, prenez place à la table que l’on vous indique, en demandant pardon si vous dérangez quelqu’un pour vous asseoir Allez, encore une fois, « C’est bon pour le
moral, c’est bonbon… », « C’est bon pour le moral, c’est bonbon… », « C’est bon pour le moral, c’est bonbon… » car, une conversation d’ordre général, au wagon-train,
peut-être engagée et, sans vous y laisser entraîner, vous pouvez toutefois, par une participation discrète, prouver que vous ne vous isolez pas dans un mutisme discourtois ou hautain. Allez,
encore une fois, tout le monde debout, avant l’aube de ce début d’année, « C’est bon pour le moral, c’est bonbon… », « C’est bon pour le moral, c’est bonbon… », « C’est
bon pour le moral, c’est bonbon… » et n’oubliez pas d’embrasser votre cavalière, « C’est bon pour le moral, c’est bonbon… », « C’est bon pour le moral, c’est bonbon… »,
« C’est bon pour le moral, c’est bonbon… ». Oui, c’est tellement bon quand on se nourrit de ses petits et grands bonheurs. Quel bonheur d’avoir réalisé un superbe tango-rumba avec une
partenaire passionnée devant un public passionné devant un parterre de plusieurs milliers de personnes autour du tout petit pot de Vichy ! Quel bonheur ce dîner que j’appréhendais, avec deux
personnes qui m’impressionnaient : peur de ne pas assurer, peur d’être inintéressant, et bien, victoire ! Tout s’est bien passé ! J’ai vaincu mes angoisses, c’est peut-être un petit pas pour
vous, mais c’en est un grand pour moi ! Et moi je suis d’accord avec Christophe Fauré (psychiatre et psychothérapeute) quand il répond chaque mois aux questions des internautes, rubrique -
experts - : « S’il y a un deuil à faire, c’est bien celui d’un bonheur à trouver à l’extérieur de soi. Non que l’extérieur ne puisse être pourvoyeur de joie ! Mais fonder ses
attentes de bonheur sur une unique recherche extérieure, c’est d’emblée les vouer à l’échec ». Si on sort de chez soi, c’est pour trouver chaleur et réconfort mais « les
stéréotypes ont une influence si forte sur notre mental, qu’ils biaisent notre perception », considère David Watson (psychologue).
La suite des provisions météo de Marc-Claude de Portebane à la table
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